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Ecole et handicap

mardi 11 novembre 2008, par Martine Papanicola

Le devenir de la scolarisation des élèves handicapés ou en difficulté après la loi de 2005

Lundi 02 juin 2008, Auxerre

Intervenant : Daniel Calin, Agrégé de philosophie, formateur d’enseignants spécialisés

Remarque : ce compte-rendu est le résultat d’une prise de notes d’un membre de notre association, présent à cette conférence qui présente le point de vue de l’intervenant sur cette question.

Loi de 2005 instaure un devoir d’accueil à l’école de tous les enfants.

Position de l’intervenant sur les grands principes de cette loi :

Principe dominant :

- Principe intégratif : vivre parmi les autres dans des conditions ordinaires, donc, c’est un principe humaniste, démocratique avec fondement républicain.
- Principe de la satisfaction des besoins éducatifs particuliers : pour les enfants avec des particularités, satisfaire des besoins particuliers.

Donc 2 principes en tension, qui montrent que la scolarisation en milieu ordinaire des enfants particuliers présente des limites.

L’enseignement est organisé pour une formation de masse, au moindre coût, pour donner des bases fondamentales à des effectifs non réduits par des enseignants pour tous les élèves ayant un cursus scolaire type dans un cadre de programmes qui définit ce qui doit être appris.
Donc un système rigide, peu soucieux de particularismes.

Le système, peut dans une certaine mesure, tenir compte des particularismes, mais entre en conflit avec la nécessités des programmes, des apprentissages, des rythmes…

Ex : les apprentissages en primaire par cycle ne permettent pas de s’adapter aux particularités « ordinaires ».

Choix de la loi du 11 février 2005

Principe de l’inscription obligatoire de l’enfant dans son établissement de référence (de son quartier). Principe plutôt positif, mais confusion entre établissement de référence et établissement d’accueil, alors que la loi ne prévoit pas l’obligation par la puissance publique de mettre en œuvre ce qu’il faut pour la satisfaction des besoins particuliers.

Confusion politique (médiatisation) et donc confusion dans l’esprit des parents qui s’attendent à un accueil de qualité et particulier pour leur enfant dans l’établissement de référence.

Des motivations économiques expliquent ce positionnement à priori louable, mais néfaste s’il ne correspond pas à ce qui est possible de faire, avec peu de moyens.

Organisation institutionnelle mise en place par la loi de 2005

On est passé des CDES (et COTOREP) au CDA (commission des droits et à l’autonomie des personnes handicapées) composées de 20 membres, dont bcp d’élus locaux ce qui peut poser des pbs de gestion personnalisée des dossiers ;

L’institution de référence est désormais la MDPH.
Au plan scolaire, une équipe pluridisciplinaire composée d’experts (et pas seulement d’enseignants) avec présence de parents et enfant concernés, prépare le PPS (projet personnalisé de scolarisation).
Au sein des établissements, les équipes de suivi de scolarisation doivent mettre en place le PPS mais gros problème : les moyens ne sont pas toujours en accord avec les besoins du PPS.

Si bien que très souvent, la pratique est inversée – préparation du PPS par l’enseignant référent de l’équipe de suivi, vers experts ensuite validation par MDPH (heureusement).

Le recours aux AVS s’inscrit dans le PPS mais pèse sur l’EN en termes de moyens (financiers) pas toujours dégagés. Probablement, dans un avenir proche, reterritorialisation des AVS qui vont dépendre des CG (pas très positif ?)

Pb actuel de la fonction d’AVS : métier sous valorisé, assuré parfois par des personnes fragiles…

Des questions se posent quand au handicap :

Différence entre handicap et difficulté sociale, gravité et nature du handicap pour identifier les aménagements nécessaires.
80 % des élèves dits handicapés sont des enfants avec un handicap de type mental.

Le cas des enfants avec des troubles de comportement sont édifiants à cet égard. Ce sont potentiellement ceux qui peuvent être scolarisés en milieu ordinaire, mais ce sont les plus déroutants pour le système scolaire, donc tendance à l’étiquetage handicapé pour les faire sortir du système.

Les interrogations :

- Pb de l’allongement du temps de scolarité pour les enfants en difficulté
- Pb du devenir des rased
- Pb de formation des enseignants
- Avenir des établissements spécialisés qui permettent à l’enfant d’évoluer au sein de structures adaptées à son handicap.
- Actuellement, pas d’opposition frontale entre système ordinaire et spécialisé, mais prise en ciseaux entre diminution des moyens, retrait d’enseignants spécialisés et idéal d’intégration.


site de l’intervenant : http://daniel.calin.free.fr/